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Sujet à polémique

De quoi discuter avec notre coach Stéphane

Natation – Apprendre à nager vite, avant de nager long


La natation – Bête noire ou ami réconfortant?

Dans ce merveilleux sport qu’est le triathlon, la natation représente pour certains une bête noire menaçante, pour d’autres un vieil ami réconfortant.  Cela dépend en bonne partie de notre expérience passée de la natation. Car contrairement aux sports cyclistes et de la course à pieds, débuter en bas âge en natation est un atout important. Essentiel? Peut-être pas.

Comme entraîneur, je m’intéresse particulièrement à ce phénomène, soit celui de tenter de permettre à des non nageurs d’être le moins possible pénalisés par le fait d’avoir découvert  la natation à l’âge adulte. Pour y parvenir, il est important d’identifier les différences qui existent entre le « vrai » et le « faux » nageur.  Les différences entre celui qui nage comme un poisson, conséquence d’avoir débuté en bas âge et l’adulte non nageur, qui de son propre chef se compare plus souvent à une roche qu’à un poisson.

Nager vite avant de nager long

Au cours des dernières années, une de ces différences en particulier a su attirer mon attention. Il s’agit de la composante « vitesse pure ». En effet, s’il existe un dénominateur commun à la grande majorité des nageurs ayant débuté en bas âge, au niveau compétitif je veux dire, c’est que la plupart d’entre eux ont appris à nager vite, avant d’apprendre à nager long.  En effet, pour ceux parmi vous qui l’ignorent, on enseigne la bonne technique aux petits « bouts de chou » qui font partie d’un club de compétition, mais ensuite on applique cette technique sur des distances courtes, en insistant progressivement sur le rythme, la vitesse.

De même, il est très répandu de commettre des nageurs expérimentés, spécialistes de la longue distance dans des séries de sprints, indépendamment de l’âge ou du niveau.  En fait, au risque d’en faire rêver plusieurs parmi vous, à un niveau élite en natation, même les purs sprinters (spécialistes du 50/100m) peuvent facilement réaliser le 1500m en deçà de 20min, et ce, sans vraiment se commettre dans un programme propre aux nageurs de distance. La  raison est simple, en natation, il existe une relation très forte, voir quasi linéaire entre les performances sur courte distance et celles sur de plus longues distances.

Fournir des hypothèses pouvant expliquer la force de cette relation va au-delà de l’objectif de cet article. Aussi je me contenterai d’exprimer mathématiquement cette relation. Mais d’abord, voici un brin d’histoire.

Évolution à travers les années du concept SDI

Dans les années 70, un chercheur du nom de Pete Reigel accouchait d’une formule intéressante récupérée quelques années plus tard par le très célèbre coach de course à pieds Jack Daniels, Ph.D.  Environ 15ans plus tard, un autre chercheur, bien plus près de nous celui-là, du nom de Jean-Marie de Koninck, Ph.D parvenait à la même conclusion, dans un format amélioré, que l’auteur baptisait le Concept SDI. Exprimée dans sa plus simple expression, cette formule qui vise à faciliter les prédictions de performances va comme suit :

TP = TC * (DTP / DC) ^ FD
TP = Temps à prédire
TC = Temps connu
DTP = Distance pour le temps à prédire
DC = Distance pour le temps connu
FD = Facteur de fatigue

Par exemple,  pour parvenir à prédire la performance sur 1900m à partir d’un temps au 100m de 1min16sec, la formule serait appliquée comme suit :
Temps au 1900 = 76 (secondes) * (1900/100) ^ 1.06 = 28min43sec.

En conclusion

En clair, ce que ces travaux impliquent, c’est que plus rapide nous pouvons devenir sur 100m, plus rapide nous pouvons nous attendre à devenir sur de plus longues distances. Les implications pour un triathlète débutant la natation à l’âge adulte sont assez simples : Après avoir acquis une technique décente, on peut récolter de réels bénéfices à passer par le même processus à travers lesquels la plupart des jeunes nageurs sont impliqués, soit celui d’apprendre à nager vite.

Il convient également d’ajouter que le moment de l’année tout désigné pour travailler le sprint en natation c’est pendant l’automne/hiver. En effet, afin de pouvoir se préparer à la spécificité de la nage de longue distance, il est préférable d’allonger les distances et diminuer l’intensité à l’approche de la saison de compétition.

Par Charles G. Couturier, entraîneur en natation et triathlon à l’Université de Montréal

Ref: Reigel Original Concept
http://www.runscore.com/coursemeasurement/Articles/TechTips.pdf

Ref: De Koninck’s SDI as documented by Alejandro Martinez (Spanish)
http://www.amtriathlon.com/2007/01/prediccin-del-rendimiento-en-natacin_29.html

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