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gestion mentale de la blessure

Pompé honteusement sur le net, cet article est fort intêressant  ! même s'il est un peu long à lire !

Dans un monde où les enjeux socio-économiques, socio-politiques, socio-culturels sont de plus en plus importants, la blessure sportive devient une préoccupation quotidienne chez tous les entraîneurs et athlètes. Comment l’éviter ? Comment la gérer ? Comment l’expliquer ? En parler ? Alexandre Sotiaux, préparateur mental, fait le point.

 

blessure mentale (L'Equipe)

 

La blessure sportive peut être définie d’après Noyes, Lindenfeld et Marshall comme étant « un état ressenti qui garde l'athlète à l'écart des séances d'entraînement et de la compétition pendant au moins un jour après l'incident et qui implique une attention médicale autre que la simple application de glace ou le strapping.» De nombreux facteurs peuvent expliquer la survenance d’une blessure. Nous pouvons les classer en trois catégories :  

Les facteurs psychologiques

Tout d’abord, le type de personnalité du sportif. Plus le sportif aura tendance à attribuer les événements qu’il vit à des causes externes, plus il sera confronté à la blessure. C’est à dire que s’il se dit que tel ou tel événement arrive car l’entraînement est trop difficile, l’entraîneur est nul, ses coéquipiers ne font pas d’effort, que ce n’est qu’une question de chance ou de malchance, que c’est de la faute ou grâce aux arbitres…, plus il risque de se trouver dans des situations favorables aux blessures.
De même, plus le sportif sera anxieux et percevra des situations considérées comme « stressantes » pour lui, plus il sera vulnérable à la blessure. Beaucoup de sportif ne font pas attention à leurs sensations corporelles car on leur a souvent dit d’arrêter de s’écouter ou fait le reproche de toujours avoir mal en quelque part. Cela va rendre le sportif moins vigilant quand aux ressentis : Moins de concentration et d’attention et par conséquent une augmentation du risque de blessure. Nous entendons souvent dire « Je n’ai pas écouté mon corps », « J’étais pris dans l’engrenage de la compétition », « J’avais mal au début de l’entraînement mais après je ne sentais plus rien donc je continuais… » jusqu’au jour ou arrive une blessure.
Enfin, plus l’image que l’athlète a de lui est bonne, plus il sera préservé des blessures. À l'inverse, plus son humeur sera négative et son comportement pessimiste, plus il sera prédisposé à la blessure.

Les facteurs sociaux et d'entraînements

La vie d’un athlète est ponctuée d’événements personnels plus ou moins positifs. La présence de périodes stressantes, d’instabilité dans ses relations amicales, dans sa relation amoureuse, de même que les athlètes issus de familles recomposées, de parents séparés ou décédés, se blessent davantage que les autres. Ce dernier facteur concerne tout ce qui relève de la pratique de son sport, c’est à dire la fatigue, le surentraînement, les antécédents de blessures, la spécificité de certains sports plus traumatique que d’autres, le niveau de cohésion, la clarté des rôles et responsabilités des athlètes. Autant de facteurs qui contribuent à l’augmentation ou non de l’occurrence de blessure.
Bien évidemment, il est important d’analyser l’ensemble de ces caractéristiques avec prudence en compagnie de l’athlète. Connaître ces facteurs pour l’entraîneur est un enjeu non négligeable dans la prévention de la blessure, notamment pour détecter les athlètes susceptibles de se blesser. Cela permet également de mieux écouter et comprendre l’athlète qui se blesse. Souvent, après avoir échangé avec des athlètes ou des entraîneurs, ils me confient que la blessure peut être, en quelque sorte, une alternative à une situation perçue comme désagréable, que l’athlète n’arrive plus à gérer. Ceci occasionnant une blessure et donc un arrêt momentané de la pratique spécifique. C’est parfois la seule solution que trouve l’athlète pour dire stop !      

Les différentes étapes

Juste après la blessure, l’athlète va être pris en charge par le corps médical, de là en découle un programme de convalescence post-traumatique. La blessure est à prendre très au sérieux et le temps de convalescence également. L’athlète va devoir « re »prendre conscience de son « nouveau » corps. Durant cette période, l’athlète sera confronté à un processus qui s’apparente à celui du deuil. Voici un descriptif des 5 étapes successives dans lequel il va se trouver :
Choc, déni, refus : Il y a le choc de l’annonce, « Tu viens de te faire une déchirure musculaire.» ou bien « Il y a une rupture des ligaments croisés. », cette phase de choc est courte. On peut l’assimiler à un moment de sidération, sans émotion apparente. Puis, vient le déni, c’est le refus de croire en l’information, « Non je ne me suis pas blessé ! », « Ce n’est pas possible ! »
Colère, forte émotivité : L’athlète réalise peu à peu lors de cette phase la gravité de la blessure. L’émotivité est forte, il comprend ce qui lui arrive et en saisi les conséquences. Certains de ses comportements vont même l’étonner, il peut s’emporter ou bien entrer dans une phase de mutisme. Il peut ressentir des remords, du dégoût, de la répulsion envers lui même ou les autres. L’athlète peut alors mettre en cause son entraîneur, ses amis, sa famille, ses coéquipiers…
Marchandage : Durant cette phase, il va essayer de négocier avec lui même pour essayer de réduire sa convalescence.
Dépression : L’athlète se repli sur lui même et n’a plus envie de lutter, il a de la tristesse… Cette phase est plus ou moins courte.
Acceptation et espoir : C’est la période ou l’athlète accepte ce qu’il lui arrive en regardant les mauvais côtés mais également les bons. Cela lui permet de retrouver petit à petit de l’espoir, de la confiance, il restaure son image de lui,… Il peut alors se reconstruire, se réorganiser et ainsi apprend à mieux se connaître, découvre des ressources cachées, prend conscience de son existence.

Cette période est très difficile pour l’athlète, il peut mettre en place différents mécanismes de défense. L’entraîneur et l’entourage vont être confrontés à différentes réactions. Soit nous verrons des sportifs combatifs face à la blessure qui vont arriver à transformer cet événement en quelque chose de positif, l’énergie qu’il déploiera lui permettra de retrouver confiance et accélérera la convalescence tout en l’optimisant. Soit, nous pouvons, à l’inverse, faire face à un athlète qui déni totalement sa blessure, qui va essayer de pratiquer quand même, qui transférera son angoisse sur quelqu’un d’autre, qui rendra l’autre coupable de ce qu’il lui arrive,… dans ce cas, le travail de l’entraîneur et du staff médical est primordial. Notons que les hommes ressentiront majoritairement de la colère, de la frustration et se sentiront inutiles alors que les femmes se sentiront inutiles et frustrées. Une fois la convalescence terminée, les femmes ont tendance à montrer davantage de signes positifs que les hommes.       

Quels outils psychologiques pour accompagner l'athlète ?

Dans un premier temps, le travail d’accompagnement consiste à écouter l’athlète, l’informer sur ce qu’il est en train de vivre, le rassurer lors des phases difficiles et le soutenir moralement. Ensuite, voici les différents outils permettant d’optimiser ce travail :

Fixer des objectifs
Très important pour qu’il soit motivé dans sa convalescence. Pour que cela soit efficace, il est bon que l’ensemble du staff travaille de concert pour aider l’athlète à avoir une visibilité sur son temps de convalescence, les objectifs de rééducation, les étapes de la reprise,… La fixation d’objectifs lors de la convalescence est similaire à celle lors de la période d’entraînement, elle permet de s’engager pleinement dans le processus proposé et de rester motivé.

Maintenir une activité physique
Le maintien d’une activité physique peut jouer un rôle important pour lutter contre la baisse d’estime de soi. Un athlète blessé à la jambe peut utiliser ses bras ou d’autres parties du corps !  

Dialogue interne
Les athlètes ayant un dialogue interne positif vont avoir une convalescence plus rapide que ceux qui sont négatifs. Il est bon que l’athlète s’auto-motive, s’encourage, transforme ce qui semble négatif en quelque chose de positif,… Par exemple permettre à l‘athlète de passer de « je n’y arriverai jamais » à « j’ai toutes les capacités pour réussir ! »

Relaxation
Il est bon de savoir se relaxer et de prendre le temps de le faire, cela réduit le stress et l’anxiété de se re-blesser. De plus, la diminution de tonus musculaire ainsi qu’une meilleure circulation sanguine permet de réparer plus efficacement et rapidement les tissus lésés.

Visualisation
Deux types de visualisation peuvent être utilisés. Tout d’abord une visualisation du processus de guérison, on visualise la restructuration tissulaire, le fait que la zone touchée se résorbe correctement.
Puis le second type de visualisation est celle d’ « entraînement », où l’athlète va se visualiser en train d’effectuer une séance de rééducation, une séance de travail spécifique à son activité, ou encore en train de revenir sur un terrain, de reprendre le sport.
La combinaison de ces deux types de visualisation favorise le raccourcissement de la période de convalescence et permet même de diminuer la perte de qualité technique des gestes effectués auparavant par l’athlète.  

Soutien social
J’entends souvent des athlètes en période de convalescence dire « Je ne peux plus rien faire…», « Le sport c’est toute ma vie, qu’est ce que je vais faire maintenant, je n’ai plus rien… », « De toute façon je n’existe plus, les gens ne me regardent plus et ne me comprennent pas… »… Bien évidemment c’est une période très difficile au cours de laquelle l’athlète ne trouvera plus toute la reconnaissance qui était la sienne durant sa pleine activité. Par rapport à ça, plus l’athlète sera soutenu dans ce processus et au plus sa convalescence se déroulera correctement. Il est bon d’éviter l’isolement qui ralentira le processus de convalescence. Pour cela la mobilisation du staff, de l’entourage doit être importante mais juste.

Questionnaire 
Enfin, il peut être intéressant de noter l’évolution de l’athlète, au cours de sa convalescence et sur les mois qui suivent, sur différentes caractéristiques tel que la perception de sa frustration, de son envie, de son soutien social, de l’avancée de sa convalescence, sa confiance...                    

En bref,

Rappelons que le temps de convalescence ne doit pas être réduit du fait de l’impatience du sportif, chaque paramètre doit être étudié minutieusement. L’accord du médecin est l’un des principaux paramètres à prendre en compte d’un point de vue médical. Les premiers entraînements seront perturbants car l’athlète n’aura plus les mêmes sensations. Offrez lui le temps nécessaire pour retrouver ses sensations corporelles, sa confiance, … Mieux vaut prendre son temps et ne pas se re-blesser. Il est bon d’aider le sportif à prendre conscience que s’il s’est blessé à cause d’un manque de conscience de son propre corps, il est bon qu’il ne réitère pas cette erreur à la reprise de l’entraînement. Autrement dit, s’il s’est blessé car il ne s’est pas écouté, il serait dommage qu’il ne s’écoute pas d’avantage à présent, qu’il reprenne l’entraînement trop tôt et se re-blesse de nouveau. 
Tout ceci constitue la base de ce qui peut être fait d’un point de vue psychologique auprès d’un sportif. Evidemment, un accompagnement par un préparateur mental et/ou psychologue est fortement conseillé afin d’appréhender cette période de la meilleure des façons, que se soit pour l’athlète mais également pour l’entraîneur, le staff et la famille de ce dernier.

Par Alexandre Sotiaux, préparateur mental

 

Date de dernière mise à jour : 14/11/2014

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